Des
hommes de la préhistoire, comme en témoignes les résultats des
fouilles, ont habités la grotte de la Cabourne Chôpêtre et la grotte de
la Sauge. Cerdon fut occupé dès l’âge de la Tène, environ 450 ans avant
J.C. On a trouvé dans la grotte de la "Cave au bon Vin" des vestiges
d’habitats troglodytique à l’époque préhistorique, preuve que cette
grotte servit aussi de demeure aux hommes de ce temps.
Les
romains construisirent une voie de Lugdunum, par Izernore, jusqu’en
Suisse, passant par Cerdon, appelée aujourd’hui Voie Romaine de la
Tière.
Au
Moyen-Age, Cerdon est sous la suzeraineté des Sires de Coligny jusqu’au
mariage d’Alix de Coligny avec Humbert II, Sire de Thoire, en 1188 ;
les terres de Cerdon et de Poncin deviennent possession d’Humbert II.
En 1216, Alix, devenue veuve, et ses fils, donnent tout ce qu’ils
possèdent à Epierre aux Chartreux de Meyriat pour qu’ils créent un
vignoble et construisent un cellier à cet endroit. C’est de ce nom que
va naître le vignoble de Cerdon, soigné par les Chartreux, modèle de
culture et de réussite économique.
Pour
notre petite région, ce XIVème représente l’apogée des La Balme ;
vassaux des Thoire et Villars et du Duc de Savoie.
Perceval
de la Baulme, Seigneur de LA Balme sur Cerdon, fut en grande estime
auprès de Humbert VII, sire de Thoire et Villars qui le nomma Bailli et
Capitaine Général de toutes ses terres de Bresse et du Bugey.
Le
17 août 1375, à Poncin, il fit partage avec son frère Pierre de
la Baulme de leurs biens paternels et maternels. Pierre
obtint les biens provenant de Marguerite de Sales, leur mère, qui
consistaient dans les seigneuries de Sales et Pomiers en Beaujolais.
Perceval eut les biens paternels qui s’étendaient de la rivière d’Ain
jusqu’au delà d’Outriaz et du Val de Rougemont jusqu’à l’Albarine.
Attaqués
par le Maréchal de Vergy au service du Duc de Bourgogne, le dernier
Sire de Thoire et Villars, Humbert VII, vendit au comte de Savoie
toutes ses terres de Bresse, Bugey et Dombes. Cerdon passa à la maison
des comtes de Savoie, en l’an 1402.
1407
– André de La Balme, Seigneur de Ciries, fait hommage à son fief de
Cerdon, Humbert VII, Sire de Thoire et Villars.
1423
– Mention du Barrio à propos d’une vente par Humbert VII, dernier Sire
de Thoire et Villars, à Amé VIII (Amédée VIII), premier Duc de Savoie.
1427
– Création d’une papeterie à Cerdon. Claude de LA Baume, châtelain de
Thoire et Villars, reçoit « trois deniers de cens » de Pierre et Jean
Maréchal pour l’albergement d’une place à l’effet d’y dévier l’eau du
ruisseau de Préau et d’y construire le premier moulin à papier.
1431
– Par lettre patente d’Amédée VIII, la Châtellenie du Barrio et Cerdon
est réunie à celle de Poncin au profit de Guillaume de Bolomier.
1439
– L’Eglise se trouve en plein schisme avec deux papes. Deux conciles se
réunissent, l’un à Ferrare, l’autre à Bâle. Le concile de Bâle sous
l’impulsion du bugiste Louis Aleman, grand chanoine de l’Eglise de
Lyon, déclare le pape Eugène IV hérétique et le dépose, élisant le Duc
de Savoie pape, sous le nom de Félix V. Guillaume de Bolomier,
châtelain de Poncin et Cerdon, apporte un ferme soutien à cette
décision, ce qui lui coûtera la vie.
1450
– Antoine de LA Balme est seigneur de la Tour de Cerdon. Il s’agit de
la Tour de Caresmier (Carmier) qui vient d’être érigée. Il fut en
grande considération auprès des princes de son époque. Le comte
d’Armagnac lui céda la Châtellenie de la Réole. Il fut conseillé et
chambellan du Duc de Savoie et du roi de Chypre et, à ce titre,
séjourna longuement dans cette île. Une correspondance de la reine de
Chypre adressée à Madame Antoine de La Balme, dame du Mortarey, nous
est restée.
1453
– Guillaume de La Balme, dit Morelet , chevalier seigneur de Peres,
servit d’abord le Duc de Bourgogne. Sollicité par le Duc Louis, il
devint ambassadeur de Savoie auprès du roi de France, Louis XI. Le 26
juillet 1461, il fut nommé grand maître des Eaux et Forêts pour tous
les Etats de Savoie. Son fils, Philibert de la Baulme, eut des charges
encore plus considérables, celle d’ambassadeur du Duc de Savoie auprès
de l’Empereur Charles Quint le mena à Tunis et Alger (1535). Il fut
l’un des principaux chefs des armées.
1459
– Les comptes, dans les états du syndic de Cerdon, sont pour la
première fois rédigés sur papier, au lieu du parchemin.
1470
– A cette époque, il existe encore des ours dans notre région : pour
toute bête abattue, les quatre pattes sont dues au Duc
1475
– Antoine de La Balme institue par testament du 30 septembre, sa fille
unique, Françoise, héritière universelle et fonde l’hôpital de Cerdon.
1493
– Pierre Goliard est condamné à 25 livres d’amende pour avoir enlevé à
son profit le blé de la dîme de Choin, dîme qui appartient au Duc De
Savoie. Cette condamnation nous apprend que le terme cuchon pour
désigner un tas de foin ou assemblage de gerbes existait déjà.
1494
– Anne de Chypre, veuve du Duc Louis de Savoie, obtient pour son
douaire les châtellenies du Valromey, Poncin, Cerdon et réside quelques
temps au château de Poncin.
1500
– La papeterie Maréchal, fondée en 1427, passe aux du Bruel qui l’ont
possédée jusqu’à nos jours.
Le
XVIème siècle devait particulièrement bouleverser la province du Bugey.
Sur
le plan politique d’abord, où, dans la grande rivalité entre François
1er et Charles Quint, le Bugey devint français en 1536.
1558
– 1559 – Une négociation fructueuse conduite par un Cerdonnais, le
Baron Bertrand du Breul, ambassadeur d’Emmanuel Philibert Duc de
Savoie, aboutit à la restitution des provinces de Bresse et du Bugey à
la couronne de Savoie.
1580
– Cerdon prend de plus en plus d’importance comme lieu-étape. La maison
du maître de poste est construite au pied de la pente abrupte des
contreforts du Jura. Les voyageurs et les chariots empruntent toujours
l’ancienne voie romaine et la grimpée de la Thière est une difficulté
majeure en direction de la Suisse.
1584
– Renouvellement du Terrier de Cerdon qui est le détail des
reconnaissances des suivis dus à la communauté de Cerdon pour toutes
les terres qui lui appartiennent en propre et qu’elle à abergées des
particuliers.
1587
– Concessions à perpétuité du Trézain. Le Duc de Savoie accorde la
concession du Trézain à perpétuité au bénéfice de la ville de Cerdon.
Cet impôt sur la vente du vin au détail dans les très nombreux cabarets
et estaminets qui prospèrent grâce au roulage, devient une des plus
importante ressource de la communauté.
En
1595, l’invasion du marquisat de SALUCES par les SAVOYARDS amène la
riposte du roi Henri IV qui fait envahir la Bresse, le Bugey et la
Savoie française par ses troupes sous le commandement du Maréchal de
Biron.
1599
– A la suite d’une conversation entre les habitants de Cerdon, on
supprime l’ancien règlement municipal. Il y aura à l’avenir deux
syndics et six conseillés au lieu de huit. Cette charge de syndic est
définie par le règlement très strict signé par plusieurs notaires, dont
Antoine Bérard, châtelain de Cerdon, notaire ducal, Nicolas Jantet,
notaire ducal.
Contraint
de négocier, le Duc de Savoie, accepte la paix de Lyon qui en 1601,
rattache définitivement le Bugey à la France. Un Cerdonnais Abraham
Vermeil, fait partie des délégués qui, avec René de Lucinges, poète
comme lui, négocient cette paix.
Tout
au long des XVIIe et XVIIIe siècles, le vignoble se développe dans les
propriétés tenues par la bourgeoisie et cultivées par des manœuvriers.
1714
– La terre de Cerdon est aliénée à la famille de la Poype Saint Jullien
; vers 1750 il arrive en titre de Baronnie à la famille Quison qui la
possédait encore en 1789.
1744
– Par ordre du roi Louis XV, on construit la Route Royale (n° 84) qui
passe par « roche Coupée » en direction du nord.
1789
– Création de la municipalité, dans le cadre du district de Saint
Rambert. En 1800, la commune, avec le canton de Poncin, appartient à
l’arrondissement de Belley, en 1807, est rattachée à l’arrondissement
de Nantua.
A
la période révolutionnaire, on se sert des cendres de la
Cabourne-Chôpêtre pour faire de la poudre à canon. En 1791 et 1792,
sont vendus aux enchères publiques les biens des ci-devant Chanoines de
Cerdon et ci-devant Chartreux de Meyriat devenus biens nationaux :
maisons d’habitation des chanoines et de très nombreuses petites pièces
de vigne leur appartenant ; le Cellier d’Epierre, les granges de Choin
et de la Sauge, propriété des Chartreux.
Cerdon
voit sa population augmenter jusqu’au milieu du XIXe siècle, puis,
suite aux maladies de la vigne (phylloxéra en 1865), sa prospérité ne
cesse de décroître malgré les activités manufacturières ou les
activités de la remonte. La guerre de 1914 – 1918, avec son cortège de
malheurs laisse Cerdon dépeuplé.
1939
– 1945 : En septembre 1943, le Maquis s’installe à Bassan ; Cerdon
ravitaille le Maquis, ce qui donne lieu à des représailles de la part
des Allemands. Le 8 avril 1944, deux fermes de la montagne sont
brûlées, Bassan et Choin. Le 12 juillet, le maire et deux Cerdonnais
sont fusillés, puis l’ennemi met le feu au village : cinquante deux
maisons brûlent.
26
juin 1949 : Cerdon village martyr, est décoré de la Croix de Guerre
avec étoile de bronze.
29
juillet 1951 : Inauguration du Monument des Maquis de l’Ain et de la
résistance du Val d’Enfer.
Grâce
à la ténacité de ses viticulteurs qui ont su moderniser leurs
techniques et améliorer la commercialisation, le vignoble de Cerdon
connaît, depuis 30 ans, une nouvelle prospérité.









